Ce que nous dit la réactivité des truies à l’homme sur leurs performances et leurs conditions de vie

Valérie Courboulay et al., 52es Journées de la Recherche Porcine (FRA), 4 et 5 février 2020, Paris, p. 361-366

La fréquence et la nature des contacts quotidiens entre les éleveurs et leurs animaux déterminent la qualité de leur relation dans un sens favorable pour l’animal (confiance en l’homme) ou défavorable (peur de l’homme). Ceci peut se répercuter sur les résultats zootechniques. L’objectif du projet Rhaporc est d’une part de mesurer la relation homme animal (RHA) et d’évaluer son impact sur les résultats zootechniques, et d’autre part d’identifier les facteurs déterminant la RHA. La RHA a été déterminée par des tests d’approche menés sur un échantillon de 30 truies (rang 2 et plus) et 5 cochettes (rang 1) par élevage, dans 52 élevages répartis entre deux opérateurs. Une note de réactivité de 0 (approche impossible) à 4 (maintien d’un contact physique pendant plus de 5 secondes) a été attribuée à chaque animal. Les performances de la mise-bas précédente ont été relevées ainsi que les résultats de GTTT de l’exercice précédent de chaque élevage. Les éleveurs ont été répartis en trois profils à partir d’entretiens. Les notes de RHA varient significativement selon le rang de portée (P < 0,001) ; elles sont plus élevées en moyenne chez les cochettes (2,2) et les jeunes truies (rangs 2 et 3, note de 1,9) que chez les truies plus âgées (note ≤ 1,7). Elles dépendent de nombreux facteurs : l’environnement physique (type de sol, système d’alimentation), social (taille du groupe), l’animal (rang de portée), le profil de l’éleveur et l’existence de pratiques d’apprivoisement. Les notes de réactivité élevées, 3 et 4, qui traduisent l’acceptation d’un contact par la truie, sont associées à un nombre plus élevé de porcelets nés totaux et sevrés (P < 0,01). Les performances de sevrage des élevages sont également meilleures pour le profil d’éleveurs pour lesquels la RHA est centrale (P < 0,05). Nos observations réaffirment l’importance d’une bonne relation entre l’éleveur et ses animaux.

ENG

What the responsiveness of sows to humans tell us about their performance and living conditions

The frequency and nature of daily contacts between farmers and their animals influence the quality of their relationships in a favorable way (confidence in humans) or unfavourable way (fear of humans) for the animal. This can affect technical results. The objective of the RHAPORC project was first to measure the relationship between humans and animals (RHA) and evaluate its importance on the technical results, and second to identify factors determining the RHA. RHA was assessed using approach tests conducted on 52 farms for a sample of 30 sows (rank 2 and over) and 5 gilts (rank 1) per farm during the gestation period. Two observers each visited 26 farms. A reactivity score of 0 (approach impossible) to 4 (maintaining physical contact for more than 5 seconds) was assigned to each animal. The performance of the previous farrowing was noted, as were the annual technical results of the farm. The farmers were divided into three profiles from interviews. The scores varied significantly depending on the parity (P < 0.001). They were higher in gilts (2.2) and sows of rank 2 and 3 (1.9) than in older sows (score ≤ 1.7) and were influenced by many factors: the environment (feeding system, floor type), group size, animal rank, the farmer's profile and quarantine practices. High scores, i.e. 3 and 4, reflecting acceptance of contact by the sow, were associated with more total and weaned pigs (P < 0.01). The weaning performance of the farms was also better for farmers whose profile was characterized by the importance of RHA in their profession (P < 0.05). Our observations reaffirm the importance of a good relationship between farmers and their animals.