Conjoncture porcine : danger sur l’approvisionnement national pour la consommation et la transformation en charcuteries

Danger sur l’approvisionnement national pour la consommation et la transformation en charcuteries

En 2014, le marché du porc européen a été lourdement pénalisé par l’interdiction d’exporter vers la Russie, cassant la hausse des cours qui pouvait être anticipée en raison d’une baisse attendue de production. A l’inverse, pour les deux premiers mois de 2015, le prix du porc en France est inférieur de 13% à celui de 2014. Il est vrai que le prix d’aliment a progressivement baissé au deuxième semestre 2014 jusqu’en fin d’année. C’est la conséquence de la baisse des prix à la récolte 2014 (fortes récoltes céréalières mondiales). La dégradation des blés en qualité « fourragère » en France et dans l’UE a accentué la pression sur les prix en début de campagne. La baisse du prix de l’aliment IFIP, de 14% en moyenne 2014 par rapport à l’année précédente, se poursuit au début de 2015. Les résultats économiques de l’année 2014 ont été particulièrement faibles pour les éleveurs de porcs français. Malgré la baisse de l’aliment, en moyenne d’octobre 2014 à février 2015, la marge sur coût alimentaire des élevages naisseurs-engraisseurs est de 705 €/truie contre un besoin moyen de 1 100 €/truie (1 005 € en 2014). Entre octobre 2014 et février 2015, cela a généré des pertes nettes de 19 centimes par kilo de carcasse, soit, pour un élevage naisseur-engraisseur de 200 truies, un déficit cumulé de 22 000 €. Déjà, au troisième trimestre 2014, selon le CER 22, le taux d’endettement approchait 76%, supérieur aux valeurs moyennes observées depuis 2009 (72,5%).
Légère reprise de la production dans l’UE, mais pas en France En France, le cheptel porcin total a poursuivi son érosion en 2014, selon les résultats de l’enquête de novembre, tout comme le cheptel reproducteur (-1% en un an).On a observé une hausse totale de 1% en Allemagne, avec une stabilisation du nombre de truies, et une forte augmentation en Espagne (+4 à +5%). Alors que le cheptel de l’UE augmente de 1%, la France est un des rares Etats membres importants de l’UE 15 à poursuivre la baisse de son cheptel. C’est l’érosion du cheptel truies en Europe de l’est et du centre qui limite le potentiel de croissance de l’UE à 28. Les premières prévisions de production porcine de l’UE à 28 pour 2015 font état d’une hausse de près de 2%, mais elle baisserait de 1% en France.