Gestion informatique des traitements vétérinaires grâce à GVET

La démarche GVET de Gestion des traitements Vétérinaires en élevage a été initiée par l’Ifip, l’Anses et Isagri dans le cadre du Plan Ecoantibio 2017 afin de répondre à 2 enjeux : la modernisation du registre des traitements et la mesure des usages d’antibiotiques en élevage.

Les deux plans Ecoantibio (2017 et 2021) recommandent l'utilisation d'outils d’auto-évaluation des usages d’antibiotiques par les éleveurs et vétérinaires. Un Arrêté ministériel de juillet 2015 demande aux éleveurs de faire état des quantités et catégories d’antibiotiques utilisés sur une période donnée.

Bien que la traçabilité des traitements vétérinaires en élevage soit obligatoire depuis 2000, la quasi-totalité des éleveurs collecte ces informations sur papier. L’éditeur de logiciels agricoles Isagri met déjà à disposition des éleveurs un module sanitaire, inclus dans le logiciel Ediporc de GTE-GTTT, pour informatiser ce registre des traitements. Mais des freins persistent : les éleveurs doivent spécifier les médicaments utilisés, la voie d’administration, la posologie, la durée de traitement et le temps d’attente... L’Ifip et l’Anses ont donc proposé à Isagri un cahier des charges afin de de lever les freins à l’utilisation de ce module sanitaire et de produire des indicateurs normalisés de l’usage des antibiotiques en élevage.

Deux bases de données ont été créées pour cet outil: un catalogue des médicaments autorisés en élevage et une base centralisant les registres des traitements collectés. Le catalogue des médicaments intégré dans le logiciel Ediporc lève le frein du paramétrage manuel de chaque spécialité vétérinaire par les éleveurs. Les modalités de traitement de chaque médicament sont proposées aux utilisateurs qui peuvent les valider en l’état ou les ajuster pour se conformer à la prescription vétérinaire. La connexion avec les données de la GTTT et de la GTE évite une double collecte et permet des contrôles croisés sur le numéro de truie, sa date de réforme (pour générer des alertes si le délai d’attente avant l’abattage n’est pas respecté), le numéro de la bande, les effectifs. Le transfert des données vers une base collective hébergée emprunte le circuit des données de la GTE-GTTT en bénéficiant de procédures en place.

Deux indicateurs sont proposés aux éleveurs pour suivre leurs usages d’antibiotiques : le nombre de traitements et le nombre de jours de traitement par animal. Ces indicateurs sont déclinés par type d’animal, par voie d’administration (orale via l’aliment ou l’eau de boisson, injectable), par famille d'antibiotique ou par motif de traitement (digestif, respiratoire…). Les éleveurs accèdent de manière sécurisée à leurs résultats sur une plateforme web de l’Ifip (GT-Direct) qui leur permet déjà de consulter et d’analyser leurs données technico-économiques (GTE, GTTT). La comparaison de leurs résultats aux références collectives leur permettra d’identifier des marges de progrès et de mesurer l’impact des actions mises en place.

Ces références collectives donneront une vision de l’évolution des pratiques et des résultats à l’échelle de la population, utile aux organisations professionnelles et aux autorités sanitaires pour asseoir les politiques publiques et communiquer sur les résultats nationaux auprès des autorités de l’UE et à l’international comme éléments de réassurance et de promotion des débouchés des produits français.

Ce dispositif permettra des analyses croisant les usages des médicaments avec les caractéristiques des élevages (localisation, type d’activité, taille…) et leurs performances techniques et économiques. L’objectif est d'expliquer l'impact de certaines pratiques comme la mise en œuvre d’alternatives aux antibiotiques, le bénéfice des mesures de biosécurité...

Contact : anne.hemonic@ifip.asso.fr, vétérinaire à l'IFIP