Vitamines : quelles recommandations pour l’alimentation des porcs ?

Les vitamines, comme les minéraux, y compris les oligoéléments, sont des nutriments essentiels pour les porcs. Des compléments sont ajoutés aux aliments car les matières premières ne sont pas suffisamment pourvues pour satisfaire les besoins du porc.

Les minéraux, oligoéléments et vitamines ajoutés représentent moins de 3 % du poids de l’aliment. Le coût de ces ingrédients est déterminé essentiellement par les phosphates, les phytases et les vitamines, dont les prix fluctuent. Dans la pratique, les vitamines et les oligoéléments sont souvent associés au sein d’un même pré-mélange et représentent en proportion dans l’aliment environ, 0,10 % pour les porcs en engraissement, 0,15 % pour les truies et 0,30 % pour les porcelets. Les minéraux sont incorporés séparément, sauf en fabrication à la ferme (environ 25 % des aliments porcs en France), où ils sont ajoutés au pré-mélange de vitamines et d’oligoéléments, à un taux d’incorporation proche de 3 %. Afin de réduire le coût des aliments, le taux d’incorporation des pré-mélanges tend à diminuer : en fabrication d’aliment industrielle, il peut être de 0,3 % aujourd’hui, ce qui n’est possible qu’à condition de préserver la qualité du mélange, essentielle en matière d’alimentation minérale et vitaminique. Dans ces pré-mélanges, une attention particulière doit être accordée aux éléments ayant un impact sur l’environnement (phosphore, cuivre et zinc).

Les vitamines A et E, la biotine et la choline représentent les vitamines les plus coûteuses. Leurs niveaux d’incorporation doivent par conséquent, être maîtrisés. Ils peuvent être adaptés aux matières premières de l’aliment. Ainsi, la choline n’est pas forcément utile aux aliments des porcs à l’engraissement. A l’inverse, en fonction d’objectif nutritionnel particulier, comme par exemple, celui d’une amélioration de la qualité de la viande, les teneurs en vitamine E peuvent être augmentées. Mais il faut envisager dans ce cas des teneurs 10 à 20 fois supérieures aux teneurs habituelles, avec alors, un fort impact sur le coût de la supplémentation vitaminique de l’aliment.

Recommandations en apport de vitamines (IFIP, 2005)

Vitamines

Unités/kg

Coût

Porcelet

Porc

Truie

Poids vif 7-12 kg

Poids vif 12-25 kg

Poids vif 25-60 kg

Poids vif 60-115 kg

Gestante

Allaitante

A                          (UI)

€€

10000

8000

7000

5000

5000

8000

D3                        (UI)

2000

1500

1000

1000

2000

2000

E                          (UI)

€€€

50

20

10-15

10-15

45

45

K3                       (mg)

1

0,5-1

0,5

0,5

0,5

0,5

B1 (Thiamine)        (mg)

1

0,5-1

0-1

0-1

1

1

B2 (Riboflavine)      (mg)

€€

4-8*

4-8*

3

2

3

3

B5 ( Acide pantothénique)       (mg)

€€

10

10

8

7

8

8

PP (Niacine)           (mg)

€€

15

15

10

7

10

10

B6 (Pyridoxine)       (mg)

€€

0-3,6*

0-1

0

0

1

0

B12(Cyanocobalamine)

                          (mg)

€€

0,035

0,03

0,02

0,02

0,02-0,2

0,02

Acide folique         (mg)

€€

0,5

0,5

0-0,5

0-0,3

0,2-15*

1-15*

Biotine                 (mg)

€€€

0,1

0-0,1

0-0,05

0

0,3-0,5

0,3-0,5

Choline                 (mg)

€€€

300-800

300-800

0-300

0-100

400-900

400-900

Recommandations reposant pour partie sur celles établies par l’INRA en 1984 -(*) teneurs reposant sur un nombre limité d'essais.

A noter que la réduction du taux de protéines du régime alimentaire et, par conséquent, de la teneur en potassium des aliments, a ajouté un nouveau critère d’équilibre alimentaire, le bilan électrolytique, déterminé par les teneurs respectives en sodium, potassium et chlore.

Contact : didier.gaudre@ifip.asso.fr

Pour en savoir + : Revue de R&D « Les Cahiers de l’IFIP », Didier Gaudré et Nathalie Quiniou (Vol 2, N°1-2015).