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Composition biochimique d'une charcuterie cuite : rôle des nitrites et de l'ascorbate

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Aurélie Promeyrat, Bilan d'activités 2020, éditions Ifip, mai 2021, p. 43

Le programme ADDUITS, lancé en 2018, a pour ambition d’acquérir les connaissances nécessaires sur la réactivité des nitrites des charcuteries, et ce, dans une démarche de réduction voire de suppression. L’objectif à terme est de reformuler certains produits charcutiers, tout en préservant leurs qualités sensorielles, nutritionnelles et surtout la sécurité sanitaire. Dans les charcuteries, le nitrite est un additif incontournable qui est couramment utilisé. Il apporte une protection contre le développement de certains germes pathogènes (salmonelles et listeria) et la production de toxines (Clostridium botulinum). Le nitrite est très réactif. Il assure, la couleur rose spécifique des produits de charcuterie cuite, en réagissant avec le fer héminique de la myoglobine pour former du fer nitrosylé (nitrosylation). Cette réaction est recherchée, car indispensable au développement de la couleur caractéristique des produits de charcuterie. Le fer nitrosylé est inerte vis-à-vis des lipides et les protège du rancissement. En présence de nitrites, les réactions d’oxydation sont limitées, ce qui permet l’expression des notes aromatiques des molécules soufrées, qui est spécifique des produits de charcuterie. En l’absence de nitrite, ce sont les composés volatils issus de l’oxydation des lipides qui s’expriment, qui est plus spécifique de la viande cuite. Ces composés sont soit souhaitables, si l’oxydation est modérée, ou indésirables si l’oxydation est intense. Dans des conditions, très spécifiques (température élevée et/ou acidité), les nitrites sont impliqués dans la formation de nitrosothiol (S-nitrosation) et de nitrosamines (nitrosation), dont certains sont non souhaitables, car présumés nocifs. La présente étude s’inscrit dans le programme de recherche ADDUITS. Ces résultats ont été obtenus par Aline Bonifacie en thèse CIFRE sur ADDUITS. Cette étude vise à analyser sur un modèle de charcuterie cuite, la réactivité des nitrites vis-à-vis des réactions de nitrosylation, de nitrosation et d’oxydation. La charcuterie modèle est fabriquée au laboratoire de technologie IFIP à Maisons Alfort. Il s’agit d’une épaule cuite saumurée, mimant le jambon cuit. Différents facteurs sont étudiés : la dose de nitrites sodium (0, 40, 80, 120 ppm) et l’ajout ou non d’ascorbate. L’ascorbate, grâce à son action réductrice contribue à la stabilisation de la couleur, en favorisant la formation du fer nitrosylé.

PDF icon Aurélie Promeyrat, Bilan d'activités 2020, éditions Ifip, mai 2021, p. 43
2021

Etude des nitrites dans les charcuteries et leur impact sur la santé digestive

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Aurélie Promeyrat, Bilan 2019, éditions IFIP, mai 2020, p. 70

Dans les produits de charcuterie et de salaison, un additif incontournable est couramment utilisé. Il s’agit du nitrite qui est autorisé comme conservateur par la réglementation. Il permet d’assurer une sécurité microbiologique vis-à-vis des germes pathogènes majeurs dont le C. botulinum. Le nitrite contribue aussi à la couleur et par sa fonction anti oxydante à l’arôme des produits de charcuterie et de salaison. Quand les réactions sont intenses, l’oxydation des lipides est non seulement responsable du rancissement des aliments, mais aussi de la formation de certains aldéhydes mutagènes. Du fait de sa forte réactivité chimique le nitrite agit comme catalyseur sur la formation des nitroso-composés (NOCs), lors de la digestion principalement. Les NOCs sont possiblement mutagènes et impliqués dans le cancer du côlon. C’est dans ce contexte que l’IFIP a mis en oeuvre, conjointement avec la FICT, le programme de recherche ADDUITS. Construit avec l’INRAE et l’ADIV et lancé en février 2018 ADDUITS est financé sur 4 ans par 24 entreprises charcutières. Il a pour ambition d’identifier des solutions concrètes, utilisables pour tous transformateurs et éprouvées expérimentalement pour réduire, voire éliminer le risque de cancer colorectal lié à une forte consommation de produits charcuterie et salaison. Les objectifs du projet sont :
● de décortiquer les mécanismes majeurs à l’origine des nitroso-composés (NOCs),
● de renforcer les connaissances sur les facteurs d’apparition du cancer colorectal associé à une forte consommation des produits de charcuterie,
● de neutraliser les NOCs et l’oxydation des lipides par des agents anti-NOCs comme les extraits végétaux ou des antioxydants,
● et de proposer une prévention ciblée via une re-conception de certains produits charcutiers.

Le programme ADDUITS est organisé en 5 WorkPackages (WPs), en partant de la formulation de charcuterie modèles, extrêmes, exacerbant l’effet promoteur (WP1), jusqu’aux lésions pré-cancéreuses, sur modèles rats (WP3-3) (= injection d’un inducteur de cancer), nourris 100 jours avec ces charcuteries modèles, en passant par une description fine des mécanismes initiateurs des NOCs et de l’oxydation (WP2) mais aussi des effets protecteurs (WP3). Ces effets protecteurs seront validés en fin de projet sur l’Homme (WP4). Les autres WPs sont dédiés à la coordination du projet (WP0) et à la communication et à la valorisation des résultats (WP5). Une thèse CIFRE, financée par l’IFIP se déroule à l’INRAE de Clermont-Ferrand (UR QuaPA) et a démarré en décembre 2018. Les premiers résultats de la thèse permettent d’ores et déjà de comprendre certains mécanismes qui ont lieu dans les charcuteries modèles.

Enjeux : Répondre par les connaissances scientifiques rigoureuses aux questions médiatiques sur le nitrites/nitrates comme additif conservateurs des produits.

PDF icon Aurélie Promeyrat, Bilan 2019, éditions IFIP, mai 2020, p. 70
2020